Synthèse Personnelle – Manon

 manonManon Martin,

1ère L, lycée Mont Saint Jean

Lors de notre année première, nous sommes amener à travailler une nouvelle matière, les TPE, les Travaux Personnels Encadrés. En toute honnêteté, l’année passée, nous avions une vision très vague et lointaine des TPE. Très vite, lors du premier cour, je me suis sentie assez perdue et inquiète quant à la création de ce projet. Dès le premier cour, j’ai formé un duo avec Marie-Camille Massias, avec qui j’avais l’habitude de travailler l’an passé. Nous avons été rejoint par deux élèves dont Valentin Cochet. Nous n’avons pas tout de suite trouvé notre sujet, nous dirigeant tout d’abord vers un sujet sur les mouvements de foule et les groupes. Finalement, suite à des divergences d’opinions insurmontables, nous avons décidé de continuer le TPE à trois élèves, Marie-Camille, Valentin et moi. Nous avons abandonné notre idée de départ et cherchions un sujet original, qui n’est pas forcément abordé chaque année et facilement. Nous souhaitions vraiment travailler sur un sujet sucittant notre attention et qui nous donne envie de travailler dessus, d’analyser et de réfléchir. De fil en aiguille nous avons enfin trouvé un sujet qui nous paraissait intéressant et qui permettait le débat : le système scolaire français.

Pour tout dire, c’est un sujet que nous abordons énormément entre nous, puisqu’il nous concerne directement. Nous avons alors commencé à nous demander si l’évaluation en France, la note de 0 à 20 avait encore un véritable sens. Et surtout nous avons commencé à lister quelques impacts de cette notes que ce soit dans la société ou psychologiquement. En effet, nous sommes ainsi partit de notre propre expérience face aux évaluations. Je suis une élève qui peut très vite développer une très grosse anxiété et un manque de confiance en moi face à plusieurs facteurs et les notes en font partie. Heureusement, j’ai beaucoup de soutien mais ce n’est pas le cas de tous. Ainsi nous avons décidé de développer une problématique à propos de l’impact des notes, la place de la note dans le système scolaire.

J‘ai trouvé ça très intéressant de découvrir les impacts de l’école et de la note sur les élèves. Nous avons découvert des sociologues, des politiques qui ont des avis bien tranché sur la question et nous avons toujours ajouté nos réflexions personnelles. Nous avons créer un sondage pour apporter des justifications plus proches de notre milieu scolaire.

Même si ce sujet nous plaisait, nous avons eu du mal à gérer notre temps et nous sommes vite rendu compte que nous ne devions pas compter seulement sur les deux heures par semaine de séance de TPE, nous nous sommes donc réunis plusieurs samedi à la Médiathèque d’Antibes pour continuer la rédaction de notre projet.

Pour le choix de notre support, nous cherchions quelque chose de plus original qu’un magazine ou qu’un simple dossier. Nous avons abordé plusieurs idées avant d’opter pour la création d’un blog sur la plate-forme de WordPress, dont je manie assez facilement les bases. J’ai pris beaucoup de plaisir à configurer ce blog tel que nous le souhaitions et à créer des bannières en rapport avec notre thème. Cela apporte une qualité originale et personnelle à notre TPE.

Grâce à nos réflexions sur le sujet, je peux maintenant réellement prendre du recul sur l’évaluation en France et mes notes scolaire à moi-même. Il est réellement de faire un TPE sur un sujet qui nous apporte de l’intérêt. Si je n’avais pas aimer la problématique et le fond du projet, alors je n’aurai pas pu me motiver et faire de mon mieux.

Pour être honnête, je ne pensais pas que les TPE étaient aussi complexe. J’ai appris qu’il faut bien s’organiser et discuter dans le groupe pour que tous soient en accord et que le projet puisse être mené à bien. Je suis très optimiste quant à cette expérience qui nous servira pour notre vie future, où nous serons sûrement amener à travailler en groupe. Les TPE sont une sorte « d’avant-goût » de ce que nous prépare l’avenir. C’est important de commencer à travailler avec les autres et non plus seul.

Même si ces six mois de rédactions du TPE m’ont fait passer par différentes émotions tels que la peur ou bien la colère, je suis désormais très fier de pouvoir présenter ce blog. Je suis très fière d’être venue à bout de ce projet qui nous tient à cœur et sur lequel nous misons beaucoup.

Synthèse Personnelle – Valentin

tpeValentin Cochet,

1ère ES, lycée Mont Saint Jean

Le choix du sujet fut compliqué et nous avons mis beaucoup de temps à nous décider. En effet, à la première séance notre groupe était constitué d’un membre en plus. Malheureusement, il prit la sage et courageuse décision de quitter notre groupe après seulement deux séances à cause de certain désaccords. Puis lors des séances suivantes, par le biais de discutions et de débats, l’idée de parler de la place qu’occupe l’élève à l’école se dégagea, mais également de l’impact des notes sur celui-ci. En premier lieu,  nous avons commencé par faire des « schémas heuristiques  » d’idées en rapport à notre sujet pour pouvoir guider et affiner nos recherches, c’est notamment sur cette base que nous avons établi notre problématique. Nous avons eu également recours à ESIDOC pour trouver des magazines, livres en rapport avec notre sujet, en tapant des mots clés (de notre sujet) sur la barre de recherche du site . Puis nous en avons tiré le maximum en essayant de mettre chaque idée et exemple, dans une sous partie pour pouvoir guider notre rédaction. Dans un deuxième temps, nous avons affiné et approfondi, à l’aide d’internet, avec des dates, des chiffres, et des statistiques. Nous avons aussi eu l’idée de créer nos propres justifications en faisant un sondage dans le lycée donnant d’autant plus de sens à notre argumentaire. Enfin, la rédaction fut la partie la plus longue à faire, suscitant notamment de nombreux débats et de tensions sur le fond et la forme. Les deux heures de cours consacrées au TPE ne suffisant pas, nous avons été obligés de nous réunir plusieurs fois à la médiathèque pour nous permettre d’avancer nettement plus rapidement et de terminer dans les délais prévus.

Plus personnellement je n’aurais pas pensé que les TPE m’auraient autant appris et fait réfléchir. J’ai vraiment vécu cela, comme une ouverture d’esprit sur ce que représente la note, et sur son interprétation, me permettant maintenant un réel détachement. Malheureusement je pense vraiment qu’elle prend beaucoup trop de place dans notre apprentissage. Je me rends compte que de nombreuses fois seul la note me motive, alors qu’elle n’est là pour seulement valider un acquis ou non. Cette réflexion me permet aujourd’hui de relativiser une mauvaise note et surtout de me concentrer pour comprendre et apprendre, m’enlevant une certaine pression scolaire. Notre TPE m’apporte une vraie opinion notamment avec l’étude de système scolaire d’autres pays, et également avec les réformes encours sur le baccalauréat du gouvernement actuel. C’est aussi le premier projet important, en groupe, dont le travail a durét six mois, avec des heures dans l’emploi du temps qui lui était consacrées. Dans notre vie future, nous serons surement confrontés au travail en équipe, avec ses problèmes comme devoir gérer les désaccords, les différents de mode de travail de chacun, et ses avantages car il permet d’aborder le travail d’une nouvelle façon, de réfléchir et d’échanger des idées que l’on n’aurait pas forcement eu seul. Cela nous a donné un premier aperçu sur le travail d’équipe. Enfin, après plusieurs mois de travail, j’ai trouvé que l’on fait vite le tour de notre sujet et il en devient lassant, se transformant même en obligation car pendant la rédaction finale nous n’avions à l’esprit que la note que nous obtiendrons. Malgré tout, au delà de la note, je garderai un bon souvenir de ces mois de TPE.

Synthèse Personnelle – Marie Camille

IMG_8958 Marie-Camille Massias

     1ère Es, lycée Mont Saint Jean 

Le sujet que nous avons choisi et vous présentons aujourd’hui me tient particulièrement à cœur. En effet si nous l’avons choisis tous les trois c’est en partie parce que c’est une question que nous nous sommes toujours posée, quels sont les différents impacts du mode d’évaluation du système éducatif français ?

Manon et moi étions dans la même classe l’année dernière et avons toute deux eu du mal à nous conformer aux exigences du lycée et notamment dans les matières scientifiques où la plupart du temps, nous ne comprenions rien. Nous avions l’impression de travailler beaucoup et de subir des mauvaises notes qui contrastaient avec les efforts fournis, en clair de travailler pour pas grand-chose. Le fait que nous soyons à l’origine de bonnes élèves a rendu la chute générale de nos notes particulièrement difficile et ne nous a aucunement motivé à faire mieux. Pour être honnête, je n’ai jamais eu autant l’impression de me décevoir que l’année passée, je ne sais pas comment et surtout pourquoi les notes étaient devenues si importantes pour moi mais j’en suis sure, elles n’ont fait que me rabaisser.

Depuis le collège j’ai toujours plus ou moins été dans les meilleurs de ma classe et je parvenais mal à comprendre qu’un élève ne puisse pas « réussir à l’école » ou même qu’il puisse avoir des difficultés. Aujourd’hui je m’en rend compte et notamment parce que je l’ai vécu : ne rien comprendre d’un cour, s’en cacher, ne pas poser de question au risque de paraître stupide, réviser des heures pour finalement obtenir de moins bonnes notes que les autres. Mais comment rivaliser avec des élèves qui comprennent ? Qui ont de bonnes notes quotidiennement ? Qui ont confiance en eux ? Qui suivent des cours particuliers ? Et qui certaines fois même, trichent ? J’ai découvert au lycée quelques choses qui n’existaient pas dans mon collège. L’angoisse des notes, des examens, la compétition omniprésente entre les élèves, comme si ils avaient quelque chose à prouver ainsi que cette notion de course à la meilleure moyenne.

Mes camarades ne cherchaient plus à comprendre les cours mais seulement à avoir de bonnes notes et plus l’année passait plus nous nous sommes conformé à cet objectif de bonne moyenne tout en oubliant la réelle visée de la note.

Valentin ayant ressenti la même chose de son côté nous nous sommes mis d’accord pour parler de ce phénomène et de ses répercussions.

Nous avons commencé par élaborer un plan simple avec les deux visions de la note puis les alternatives qui sont proposées à notre système éducatif actuel à l’étranger et sur le territoire français. Pour ce faire nous avons principalement puisé nos informations dans des articles disponibles au CDI, dans des interviews, des reportages, des sites internets et en réalisant un sondage dans notre lycée.

Par ailleurs, la réalisation de ce sondage nous a permis d’observer que nous n’étions pas les seuls dans ce cas et que beaucoup ressentaient cette impression de compétition injustifiée.

En ce qui concerne la répartition du travail, j’avouerais honteusement que nous ne nous sommes pas très bien organisé ce qui explique que nous ayons  rédigé chacune des parties ensemble. Ainsi, nous avons tous participé à la conception de nos différentes parties en les rédigeant tous les trois. D’un côté, cela présente beaucoup d’avantages puisque nous pouvons réellement parler de travail de groupe, cependant cela nous a pris beaucoup de temps. En particulier la première partie du premier axe qui nous a pris près de trois mois !

C’est pour cela qu’il me serait impossible de réellement dire ce que j’ai fait  et ce que je n’ai pas fait. Je dirais que les parties où ma participation était la plus active devraient être la première du premier axe ainsi que la première du second axe. Je me suis aussi occupé de la rédaction de la conclusion dont nous avions au préalable discuté le fond et la forme en groupe. Mais encore une fois, rien n’était fixe et organisé, tout s’est fait selon les désirs et les remarques de chacun. Cependant c’est Manon qui s’est occupé de réaliser le blog dans son intégralité.

Si nous avons choisis de rédiger un blog c’est simplement parce que cela semblait être le meilleur moyen de se démarquer et d’être original, que la plate forme était simple et que Manon avait déjà un compte. Au niveau du symbole, le blog pourrait représenter le côté moderne et ludique de l’enseignement, cela semblait alors incarner un biais plutôt représentatif des alternatives proposées dans le deuxième axe de notre TPE.

Ce TPE m’a permis de mieux comprendre le système dans lequel j’étais, en effet cela nous a permis de nous faire une idée plus globale du fonctionnement des contraintes que la note engendrait à toutes les échelles aussi bien au niveau du professeur, de l’élève que du gouvernement.

Ce que je trouve le plus ironique quelque part c’est que ce devoir sera lui-même noté en finalité, comme si l’on revenait toujours à l’essentiel malgré les remises en cause. Cependant ce TPE nous a permis de considérablement relativiser sur ce qu’était une note et ce qu’elle devrait représenter pour nous, il est normal d’être déçu mais il ne faut pas se dévaloriser pour autant et surtout en ayant travaillé dure. Et si les réformes que le ministre actuel de l’éducation entame ne me concerneront probablement pas, je suis contente que les mentalités soient en voie de changement et que la vision française de l’instruction vise progressivement à s’améliorer

En ce qui concerne les points positifs, je dirais que nous nous sommes plus ou moins tenus à nos objectifs de base et que le rendu final semble plutôt satisfaisant. Je regrette cependant que mes démarches pour visiter une école Montessori n’aient pas abouti, j’ai appelé trois de ces écoles mais les seuls rendez-vous qui m’ont été proposé tombaient en semaines et nous ne pouvions pas nous permettre de ne pas aller en cours. Cependant, nous avons prévu de visiter une de ses écoles lors de la journée porte ouverte le 17 février dans l’optique de nous imprégner des lieux et de l’atmosphère et bien sûr d’étoffer notre oral.

Ces six mois de TPE, malgré l’aspect un peu redondant de la rédaction et de la mise en pratique, m’ont beaucoup plu, premièrement parce que j’ai eu la chance de l’effectuer avec des personnes que j’aimais bien et qui avait le sens critique et les idées nécessaires pour comprendre les enjeux d’un sujet qui me semble plutôt hors du commun et surtout parce que j’ai pu travailler sur un sujet qui, comme je l’ai dit au début de ma synthèse, me tenait beaucoup à cœur.

 

Conclusion

Ainsi, pour certains la note de zéro à vingt, de part ses problèmes d’objectivités et de légitimités, ses conséquences physiques et morales sur la motivation et la santé de l’élève s’avèrent ne plus pouvoir être d’actualité. L’étude PISA prouve en effet que, dans le cas des élèves français, l’instruction basée sur le mérite et la sanction ne porte pas ses fruits puisque le classement de la France dans cette étude n’atteint pas les sommets, bien au contraire. Traduisant un manque de savoir-faire et de connaissances des collégiens français dans les matières jugées importantes.

De plus, d’après André Antibi, la note développerait aussi une pression du coté du cadre enseignant puisqu’elle incarnerait la mesure de ce que vaut leurs enseignements au niveau qualitatif. Ceux-ci seraient alors inconsciemment poussés à s’imposer un taux moyen de réussite plus ou moins proportionnel à celui d’échec. Il en est de même pour la renommée des écoles.

En effet, ce n’est plus uniquement pour les élèves que la note serait perçue comme une limite ou un frein mais aussi pour ceux qui les encadrent.

Cependant la supprimer radicalement ne semble ni être possible ni être la solution, le problème de noter des compétences sans note reste insoluble puisque se situer par rapport à des compétences fixes et à d’autres élèves restent très encré dans les mœurs français. Et si quelques alternatives comme les pastilles de couleur où les lettres ont eu l’occasion d’être instauré, les enseignants se sont vite rendu compte que la morale était la même et que les élèves le percevaient de la même manière et en souffraient tout autant.

La solution serait donc non pas de supprimer le système de notation, mais de modifier la signification de celui-ci aux yeux des personnes concernées et ainsi de lui rendre sa valeur initiale, évaluer et non plus sanctionner.

Il existe dans ce sens des méthodes alternatives mises en place dans certaines écoles privées basé sur la pédagogie de Maria Montessori et plus globalement dans d’autres pays comme la Finlande où sont valorisées les réussites et découvertes de l’enfant plutôt que leurs échecs instaurant ainsi une ambiance sécurisante loin du stress éprouvé par les enfants en scolarité classique française. Cependant, des limites rendent la possibilité d’élargir ses méthodes à de plus grandes échelles assez faibles (budget nécessaire important, réorganisation totale du système français, nouvelles formations des professeurs requises, mise en place générale…)

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Et même si le problème de la note est encore très actuel et suscite encore beaucoup de débats et d’oppositions, la volonté de mettre en place de nouvelles réformes par le gouvernement de Mr Emmanuel Macron, président de la République Française, pourrait donner l’opportunité à la note de changer radicalement d’image et de se réactualiser. Le fondement du problème étant que l’investissement et l’anxiété des élèves n’aboutissent pas toujours à l’acquis de compétences et de qualifications, la suppression des filières générales L, ES et S au profit d’un choix personnel de matière sous forme de menu pourrait permettre aux élèves de se motiver d’avantage à travailler sans pour autant avoir l’impression d’en être obligé et permettre réciproquement à l’école de se réinventer. S’ajouterait à cela la revalorisation des bac professionnels et des débouchés qu’ils représentent. Il faut donner confiance et conviction dans nos élèves. Il faut les pousser à exceller dans ce qui leur plaît et cela peu importe ce dont il s’agit. Dans ce cas la note n’en ressortirait que grandi et retrouvera son sens initiale.

Différents systèmes à l’échelle internationale

La société d’aujourd’hui n’est plus celle d’autrefois, la volonté de réussite chez les parents pour leurs enfants atteint sensiblement des visées de plus en plus haute, ainsi les études, à l’époque difficiles, se banalisent (notamment l’obtention du baccalauréat en fin de lycée (proche des 90% en 2017) lié au fait que tout le monde ait un accès à l’éducation mais que tout le monde ne soit pas fait pour se diriger vers les mêmes études. Si la note ne fonctionne plus aujourd’hui, c’est alors surtout parce que les élèves sont poussés à faire des études qui ne leur correspondent pas.

En Allemagne, les élèves sont séparés en deux groupes (selon les préférences et les compétences) dès la sixième, ceux qui se plaisent à l’apprentissage théorique intègrent les « Gymnasium », les lycées classiques, et les autres des voies professionnelles. Selon une étude réalisée par Le Figaro en janvier 2016, l’Allemagne compterait trois fois plus d’apprentis qu’en France.

Ainsi les allemands n’ont pas peur de se diriger vers des filières professionnelles qui sont dans leur pays autant valorisés que n’importe quelles autres filières, en France elles sont perçues comme un lieu d’insertion pour les mauvais élèves dont les perspectives professionnelles sont souvent médiocres. Encore une fois, la France ne valorise pas l’élève et ne le soutient pas dans ce qu’il aime et parvient à bien effectuer, mais lui impose au contraire un idéal social de scolarité qui n’est pas le sien et dans lequel il ne va pas s’épanouir. En Allemagne, la formation des futurs travailleurs est fondée sur l’éclosion du talent de chacun tandis qu’en France la contrainte y joue un rôle beaucoup plus important.

Malgré les contraintes subises par les élèves français, la France au niveau mondial ne peut malheureusement pas prétendre à l’excellence. Tous les trois ans est publié le classement PISA, le Programme International pour le suivi des acquis des élèves par l’OCDE, l‘Organisation de coopération et de développement économique. Elle mesure ainsi les performances des différents systèmes d’éducation à travers le monde auprès des élèves d’une quinzaine d’année. En 2000, Andreas Scheicher, le directeur adjoint du département Education de l’OCDE, dirige la première enquête internationale sur le niveau scolaire qu’est PISA, il a eu l’impression de ne pas avoir été entendu en France et de n’avoir aucunement créé d’ondes de chocs. En effet, il affirme qu’ « en France ses interlocuteurs se sont montré très septiques devant les résultats de la première étude, les politiques considéraient leur système comme être le meilleur et ne rien avoir à y changer ». Pourtant que cela soit en lecture, en sciences ou en mathématiques, le constat d’échec du système français est patent.

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La dernière en date à été publiée en 2016. Si la France se place légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE en science avec 495 points contre 493, arrivant en 27e position. Pour la compréhension de l’écrit, le pays se positionne au 20e rang. En cause les trop nombreuses inégalités sociales mais aussi du stress ? Eric Charbonnier, expert en éducation de l’OCDE déclare : « Quels sont les trois pays où le niveau d’anxiété chez les élèves est le plus élevé ? Le Japon, la Corée et… la France. »

Depuis quelques années, le modèle éducatif Finlandais est observé avec admiration par l’Europe et en particulier la France. En effet, la Finlande arrive régulièrement en tête du classement PISA de l’OCDE. Son système éducatif s’affiche comme particulièrement efficace dans le primaire et le secondaire, notamment grâce à un cadre de vie très différent de celui Français. Boris Cyrulnik à travers une enquête menée en Finlande fut marqué par l’heureux équilibre des écoles finlandaises, des lieux de vies saines et agréables et d’apprentissage.

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Mais aussi un concours pour devenir professeur difficile, un choix donc très sélectif. Là-bas, un professeur a le même statut qu’un médecin ou un avocat. Les professeurs instaurent une relation plus intime avec leurs élèves et sont soumis à des formations chaque semaine. Mais si la Finlande fait tant parler les français, c’est surtout par rapport à ses évaluations, extrêmement différentes du système éducatif français. Jusqu’à leurs 9 ans, les écoliers finlandais ne sont pas notés. En effet, les professeurs rendent l’apprentissage le plus ludique possible pour motiver les élèves et observent la compréhension de ces derniers, remarquent d’éventuelles lacunes et travaillent sur celles-ci. Lorsqu’un élève s’avère en difficulté, il est tout de suite pris en charge par un professeur. La Finlande se caractérise par son soucis d’adaptation à chaque élève, les cours n’allant d’ailleurs pas au-delà de 45 minutes. A 9 ans, les élèves sont soumis à une évaluation non chiffrée pour déterminer les compétences acquises ou non, puis enfin celle-ci terminée ne sont plus évalués jusqu’à leur onzième année. Les écoliers de Finlande ne comptent donc qu’une seule évaluation durant toutes leurs années de primaire, ce qui est extrêmement différent en France, avec ses trois bulletins de notes trimestriels. L’évaluation chiffrée quant à elle, n’apparaît qu’à partir de 13 ans. La Finlande n’utilise pas la « norme académique » comme moyen de pression auprès des élèves. Au collège, les notes vont de 4 à 10, une échelle plutôt inédite et originale. Le zéro est proscrit, associé au néant, à la nullité et au basculement vers un manque de confiance en soi. Le gouvernement finlandais estime que les notes en dessous de quatre n’ont pas d’intérêts, construisant une « échelle de l’ignorance ». Cette échelle de notation est ensuite conservée au lycée mais voit tout de même apparaître des évaluations plus soutenues.

La Finlande cherche donc à ne pénaliser personne et toujours laisser sa chance à l’élève, valoriser ce qui est su plutôt que ce qui ne l’est pas. Les professeurs maintiennent qu’il est important que l’élève ait le sentiment d’être bon. Chaque élève est important et doit pouvoir se sentir bien dans son école. C’est l’établissement qui doit s’adapter aux élèves et non l’inverse. Les petits finlandais ne sont que rarement sujet au stress scolaire et évolue à leur rythme. De plus, la Finlande semble être le pays où l’équité éducative semble être la plus forte. En plus de compter plus de 50% de bons élèves, atteignant le niveau 4 ( sur une échelle de 1 à 4, les élèves sont classés par niveaux, 4 étant le meilleur d’entre eux), le pays compte un peu moins de 1% d’élèves en grandes difficultés ( sous le niveau 1) contre 10% dans la plupart des autres pays de l’OCDE.

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Néanmoins, on peut se demander la signification de la note du 4 dans cette nouvelle échelle qui a peut-être acquis au fur et à mesure le caractère plutôt négatif du zéro. En revanche, l’amplitude réduite ( en seulement 6 points) permet de se positionner plus facilement, la notion est acquise ou elle ne l’est pas. Cependant, depuis quelques années la Finlande recule dans le classement PISA, tout en restant néanmoins dans le haut du classement, à savoir cinquième sur 70 pays en 2016. En effet, le système finlandais qui favorise l’apprentissage selon l’enfant et des écoles, véritables lieux de vies se fait désormais dépasser par les pays asiatiques au système et valeur d’éducation bien différente.

Selon le classement de 2016, Singapour arrive au premier rang devant le Japon ou encore un peu plus loin le Vietnam et l’ensemble « P-S-J-G » (les villes chinoises Pékin et Shanghai et les provinces Jiangsu et Guandong).

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Ce qui peut paraître étonnant, c’est que ces pays sont réputés pour être rigoureux et stricts avec leurs élèves (méthodes basées sur la répétition, la mémorisation et une hyper compétition), à l’opposé des principes finlandais. En regardant de plus près on peut remarquer une certaine ressemblance entre le système scolaire de la France et des pays asiatiques, en particulier le Japon. Par exemple au niveau de la structure : une école maternelle jusqu’à 6 ans, puis le primaire et le collège (pendant 3 ans). L’instruction obligatoire s’arrête là 95% des collégiens continue leurs études au lycée et ensuite l’université. Des lycées et écoles techniques existent, mais sont peu valorisés. On estime cependant qu’ un Japonais de 15 ans a l’équivalent d’une année de scolarité d’avance sur un Français du même âge. Et pourtant, ces bons résultats n’accompagnent pas une sérénité chez les élèves comme en Finlande. Des pics de suicide sont relevés chaque années au Japon. Quelque 500 mineurs (moins de 20 ans) se donnent la mort chaque année surtout autour du 1er septembre, lorsque reprend l’année scolaire. Une pression scolaire japonaise est très présente, l’une des principales raisons exprimées par les enfants suicidaires est la sensation de n’être bien nulle part, ni chez eux, ni à l’école, ni ailleurs. Beaucoup ne trouvent pas de soutien auprès de leurs parents qui eux-même n’en avaient pas trouvé alors adolescents.

La réussite scolaire est très importante pour les japonais, une pression sociale persiste même au-delà des études, ainsi, les jeunes employés se sentent des « moins que rien » s’ils échouent dans l’entreprise qui les a embauchés par rapport à des critères d’excellence, parce qu’ils sortent des meilleures universités du pays. Le pays se base sur l’excellence à tout prix. La vie de l’élève est conditionnée par un seul objectif : Réussir l’examen d’entrée d’une des meilleures universités du pays. Dès l’âge de 11 ans, parfois plus jeunes, les enfants rentrent souvent chez eux vers 22h ou 23h après avoir pris des cours particuliers. De plus, il existe une très grande hiérarchie entre les enseignants et les élèves, ces derniers « n’ayant aucuns droits  sinon celui de venir et être éduqué ». On estime aussi que l’école japonaise a tendance à indiquer aux jeunes ce qu’il faut penser au lieu d’apprendre à penser par eux-mêmes et que les enseignants exercent des cours magistraux, les élèves écoutant le professeur, et ont tendance à formater les élèves. Et les élèves japonais sont parfois plongés dès leur plus jeune âge dans un univers de compétition poussé à l’extrême, certaines écoles maternelles ne recrutant que sur dossier. Ce serait véritablement à partir du collège, du lycée et dans les études supérieures que la tension apparaîtrait. L’école japonaise est très sélective et les universités se basent sur un esprit de compétition. Le tronc commun classique est donc difficile à suivre. L’année de lycée fait place à de très nombreux examens. Un examen principal à la fin de chaque trimestre, un autre en milieu de trimestre. Le système de notation est assez particulier, il s’agit en effet d’un pourcentage (la note globale est calculée sur une base 100).

Alors, aujourd’hui, de quel modèle la France devrait-elle s’inspirer ? Les pays asiatiques arrivent en tête du classement et pourtant prônent un programme ultra sélectif tandis que la Finlande préconise l’écoute du rythme de l’enfant. Ainsi la France semble initialement prendre exemple sur les pays asiatiques avec la même notion de travail acharné et de mérite, cependant cela ne fonctionne pas si bien qu’au Japon dans le cas du pays européen sachant que la France occupe la 19ème place du classement, pourquoi donc ?

Tout bonnement parce que, comme le dis Jean-Paul Brighelli, « recopier les autres pays à la population très différente de la France n’est pas une solution et s’avère impossible ». En effet, la société japonaise en elle-même est basée sur le sens de l’effort et sur le dépassement de soi, en France, la société reste moins demandeuse et exigeante. Ce n’est pas dans notre culture de sacrifier notre bien être, et si le rabaissement et la motivation par la négativité n’est pas une méthode qui fonctionne dans le cadre de nos écoles, se diriger vers des méthodes plus ludiques et créatives à l’exemple de la Finlande pourrait l’être.

Ainsi, il existe de nombreuses alternatives visant à évincer ce problème de notation aussi bien en France qu’à l’étranger mais leurs mises en place peuvent s’avérer plus ou moins problématique selon la quantité de changement nécessaire. L’accès à ce genre d’établissements n’est pour l’instant réservé qu’à l’élite et pour concrètement changer les choses, il faudrait donc les généraliser.

 

Différentes visions de l’éducation en France

LAfev est une association visant à réduire les inégalités au sein de l’école qui incarne aujourd’hui le premier réseau d’intervention d’étudiants dans les quartiers populaires. Une de ses principales priorité repose sur la lutte contre l’échec scolaire. En effet ils sont globalement défavorables au système de notation et de classement pour chacune des raisons abordée dans la première partie et de matière plus ciblé vers les inégalités sociales entre les élèves.

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afev.org

C’est pour cela que le 19 Octobre 2010, avec l’aide de vingts personnalités parmi lesquelles Boris Cyrulnik, Daniel Pennac et Marcel Rufo, l’association a revendiqué leur idée de suppression radicale de la note d’aujourd’hui dans le cadre de l’école primaire tout en plaidant la cause des mauvais élèves souffrant de cette stigmatisation, de ce classement et de ce rabaissement constant devant l’ancien ministre de l’éducation, Luc Chatel. Un combat qui malheureusement pour ces étudiants et autres personnes engagées dans l’action n’a aboutit à aucun changement.

André Antibi, un professeur de mathématiques et de sciences de l’éducation est l’un membre de l’association. Il dénonce ce qu’il appelle « la constante macabre », un phénomène selon lequel peu importe les étudiants, le niveau d’exigence et les connaissances réellement requises, il existerait de manière répandue dans le système éducatif un pourcentage constant de mauvaises notes. Selon le professeur, ce phénomène pourrait être du à

  • La tendance à la sanction dans l’examen plutôt qu’à l’exaltation des connaissances de l’élève (rapport à la notion de mise en lumière de ce qu’il ne sait pas plutôt que ce qu’il sait) . Cela inciterait inconsciemment les examinateurs à créer des évaluations basées non plus sur les connaissances et les compétences acquises, mais sur des questions pièges voire des connaissances personnelles relatives.
  • Une preuve de crédibilité de l’examen, de l’enseignant ou de l’établissement vis-à-vis d’autres écoles, enseignants, et même des parents. Lorsque le taux de réussite ou les notes sont trop hautes, le professeur et l’établissement sont jugé peu exigeants et l’évaluation simple. Ainsi la réussite de nombreux élèves se traduirait par un laxisme de l’enseignement et non plus la qualité de celui-ci, il est normal que tout le monde ne réussisse pas et l’échec prouverait l’exigence qui à son tour prouverait une certaine renommé.

Ainsi, André Antibi dénonce une pression que subiraient les professeurs et autres responsables d’encadrements qui les pousseraient à établir un taux constant d’échec dans le but d’augmenter artificiellement la valeur qualitative de leur enseignement.

Les critiques peuvent être utiles, mais les propositions peuvent changer les choses.

4643068_7_d955_classe-de-college-a-tinteniac-le-23_625a98288e67ddc1f27f139cb3d46810                                                                                                           AFP DAMIEN MEYER

C’est pour cela que le professeur propose aujourd’hui une nouvelle évaluation par contrat de confiance (EPCC) entre enseignants et élèves permettant selon lui d’améliorer leurs relations visant à favoriser le dialogue (qui en France se voit impossible par la perception d’une forte notion de hiérarchie et de pouvoir).

Contrat selon lequel :

  • Une semaine environ avant chaque contrôle, l’enseignant indique aux élèves une liste de questions traitées en classe (cours, exercices…) portant sur tout le programme du contrôle, en annonçant clairement : « Au contrôle, vous aurez à traiter exactement certaines de ces questions et, sur 4 points sur 20 environ, un exercice portant sur le programme du contrôle et ne figurant pas sur la liste », ainsi l’élève prendra conscience du fait que son travail sera récompensé et il n’aura l’impression de fournir des efforts pour rien, il s’agit d’une sorte de garanti pour l’élève de réussir au moins un exercice en travaillant et pour le professeur de savoir que l’élève a travaillé de son côté.
  • le contrôle est révisé collectivement et les points importants et jugés problématiques par les élèves seront expliqués le jour même de l’évaluation.

Déjà plus de 30000 enseignants en France pratique ce type d’évaluation qui pourrait représentait une réelle alternative au système de notation classique sans pour autant avoir à chambouler certaines habitudes et principes de notation à laquelle la France reste très attachée. En effet, selon Antibi, cette méthode reste réalisable en très peu de temps et de façon très simple.

  • La mise en place est simple
  • Elle ne nécessite pas de moyens supplémentaires
  • Elle ne nécessite aucun changement de programme scolaires
  • Elle ne remet aucunement en cause l’enseignement traditionnel du professeur en phase d’apprentissage, seule la phase d’évaluation est modifiée (ne représente que le quinzième du temps scolaire environ).

Ainsi, cette démarche s’inscrirait tout naturellement dans le cadre de la mission d’enseignant : former et non sélectionner.

Il existe en France un autre type d’évaluation appelée formative, où le professeur compterait seulement les bonnes notes permettant a l’élève de progresser a son rythme sans être pénalisé, ces évaluations le formeraient alors à une évaluation sommative de fin d’année (dont le but est de repérer les acquis des élèves et de certifier leurs compétences; elle pose une barrière pour le passage dans le secteur suivant).Selon Michel Grangeat, un professeur des Universités en Sciences de l’Éducation, « l’évaluation formative dépasse cette distinction grossière entre les élèves basée sur une opposition simpliste ne pouvant pas servir à améliorer les apprentissages des élèves ».

Mais attention dans ce système la confiance est la base de tout. Certains élèves pourraient alors profiter de cette situation pour ne pas travailler les formatives mais seulement les sommatives de fin d’année dans l’optique d’accéder à la classe suivante. Une nouvelle fois, la motivation des élèves pourrait poser problème.

Chaque année en France, 12 millions d’enfants sont solarisés. Un peu moins de 20 % d’entre eux le sont dans des écoles privées, certaines sous contrat avec l’état ne présentant comme seule différence notable qu’un apprentissage religieux. Certaines, non sous contrat, dites alternatives, fondent leurs pédagogies sur des techniques totalement opposées à celle que l’éducation française a coutume de proposer à travers ses écoles publiques.

La méthode ayant le plus de renommé est celle de Montessori. Créé par le médecin pédagogue italien Maria Montessori en 1907, elle comptabilise aujourd’hui plus de 22 000 écoles dans le monde dont 130 sur les territoires français, sans compter certaines écoles privées ou semi-privées qui s’inspire fortement de cette pédagogie. Si elle prend de plus en plus d’importance aujourd’hui, c’est parce que beaucoup de parents désirent se détourner de l’école classique et profiter de tous les avantages d’une école où leurs enfants seront le plus épanoui.

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Sur quoi repose cette pédagogie, qu’est ce qu’elle a de différent avec la méthode des autres écoles en France ?

Elle se fonde sur trois piliers :

  • L’environnement dit « préparé », en effet dans la classe, chaque élément de l’espace et du matériel est pensé, mesuré et disposé pour favoriser la curiosité innée de l’enfant (neurocuriosité abordée dans la partie précédente). Ainsi, cela permet à l’enfant de développer en autonomie le travail qui satisfait son besoin d’apprendre tout en se sentant en sécurité.
  • Le matériel adapté, en effet le matériel Montessori est scientifiquement conçu de manière à ce que chaque élément, tout en étant ludique, incarne un apprentissage pour l’enfant qui s’en servira. Le temps d’utilisation n’est en rien contrôlé ou limité, l’enfant, jusqu’à satisfaction personnelle, aura l’occasion de manipuler.

Ainsi, l’objet incarne une sorte d’auto-correcteur, personne ne critique le travail de l’enfant et le coupe dans son élan, sa curiosité et son enthousiasme. L’élève verra l’apprentissage comme un jeu et apprendra par plaisir.

  • La présence d’une éducatrice, formée pour observer, pour guider le groupe et pour répondre aux besoins individuels de chaque enfant en suivant leur propre rythme. Elle amène les enfants à découvrir les règles de vie en société, et à prendre progressivement conscience que la liberté (encadrée) induit la notion de responsabilité.

Donc, contrairement aux écoles traditionnelles où

  • l’apprentissage est renforcé par la répétition et les récompenses apportées extérieurement, cette méthode valorise plutôt un apprentissage où l’enfant répétera par lui-même ses gestes dans l’optique de renforcer son sentiment de réussite personnel.
  • L’enseignant est le centre de la classe, dirige et contrôle l’apprentissage et les actions des enfants, celui de Montessori aura un rôle discret dans la classe, observera les enfants, mettra à leur disposition le matériel nécessaire et leur en expliquera le fonctionnement si nécessaire.
  • Les enfants ont une place, un bureau et une chaise attribués, sont encouragés à participer, à rester assis et à écouter pendant les séances de classe, dans le cas des écoles Montessori, les enfants peuvent choisir de travailler là où ils en ont besoin, peuvent se déplacer et parler à volonté, à condition de ne pas gêner le travail des autres. Le travail en groupe est choisi volontairement.
  • Le rythme d’apprentissage est fixé par celui du groupe, dans le cadre des écoles Montessori, le rythme d’apprentissage est défini par chaque enfant de façon spécifique.
  • L’apprentissage des concepts est complètement guidé par l’enseignant tandis que dans les écoles Montessori, les enfants découvrent les concepts par eux-mêmes grâce à un matériel spécifique auto-correctif.
  • Les enfants sont généralement regroupés par âge et la quasi-totalité de l’enseignement est donné par les enseignants tandis que dans le cadre des écoles Montessori, les classes sont faites sous forme de groupes mixtes dans l’optique de favoriser la cohésion de groupe et le partage de connaissances.96fd39ed-1b0f-4626-9fac-5ba384a21d8c

En résumé, ce système vise principalement à responsabiliser l’enfant, il devient ainsi libre de ses choix tout en respectant le cadre instauré par les enseignants et ses propres limites préétablies de manière autonome. Ainsi, l’élève se développe à son rythme, selon ses envies et ne perçoit pas l’apprentissage comme une contrainte, il sera donc plus réceptif à comprendre et à tirer tous les bénéfices de son instruction.

Cependant, deux inconvénients rendent ses méthodes impossibles à l’échelle étatique. Tout d’abord le fait qu’elles n’accueillent que les enfants âgés de 3 à 11 ans rendant la rentrée au collège problématique pour ces élèves et la rupture trop violente.

De plus, le matériel et l’encadrement nécessaire à la mise en place de cette méthode a un coût non négligeable qui se fait ressentir sur ce que la famille se devra de débourser chaque mois, en effet les frais de scolarité s’élève à plus de 500 euros mensuels pour les enfants de 3 à 6 ans puis plus de 600 euros jusqu’à l’âge de 11 ans. Ainsi, elle n’est pas ouverte à tout le monde et pourrait renforcer les différences entre les classes sociales.

La note, un repère indispensable à la mesure du progrès

Lors de sa mise en place, en juillet 1890 par Léon Bourgeois, la note sur 20 que l’on connait avait pour but d’informer les parents des avancées de leurs enfants, de refléter leur niveau. Le gouvernement de l’époque est parti du fait que l’exigence allait de paire avec la sanction et que pour progresser, l’élève doit pouvoir se situer et vouloir s’améliorer face à de mauvais résultats.

Ce débat sur les notes est le révélateur d’une question centrale qui touche à la conception de ce qu’est un enfant et de ce que doit être la fonction de l’adulte à l’éducation de cet enfant :

L’enfant est un être adulte en devenir, alors vu de cette façon l’école devrait s’imposer comme un milieu extérieur demandant une adaptation a l’enfant pour mieux le préparer a sa vie future. L’adulte incarne ainsi un tuteur aux yeux de l’enfant qui se doit de le pousser au-delà de ses limites en s’assurant qu’il ne se brise pas, le tuteur va donc confronter l’enfant à des épreuves en s’assurant qu’elles ne soient pas destructrices. C’est pour cela que la note est essentielle au développement de l’enfant, en se confrontant à l’échec il sera incité à progresser, elle permettra donc aussi de développer l’esprit de compétition envers soi-même et les autres provoquant chez certain un dépassement de soi. La note viendrait donc récompenser l’enfant l’incitant à réitérer et apprendre de ses erreurs.

Nous remarquons donc que recevoir des notes peut s’avérer être une nouvelle source de motivation pour certains élèves. En effet, beaucoup d’étudiants pas forcément habitués à recevoir des « bonnes notes » souvent au dessus de quinze, et qui finissent par en obtenir une vont être satisfait à la fois de leur travail, d’eux et vont apprécier la sensation que produit cette bonne note sur eux et leur entourage. Ces mêmes élèves peuvent alors comprendre qu’ils ne sont pas mauvais à l’école et travailleront alors plus pour continuer d’obtenir ces bonnes notes. En effet, les notes servent parfois de déclic. La note est la concrétisation d’un travail.

D’après la maxime, « Tout travail mérite salaire » ,et si l’on considère toujours l’élève comme un futur travailleur, ce dernier sera, en théorie, évalué par son futur supérieur. Un employé de bureau ou un fonctionnaire, s’il offre un « bon » travail, aura l’occasion d’être promu mais pourra aussi être sanctionné en cas de travaux jugés incompétents. Dans le monde du travail, le salaire peut ainsi représenter une récompense, au même stade que la note à l’école. La société elle-même est basée sur le mérite.

Les notes, c’est stimuler les élèves. Les professeurs pointent ce qu’il faut améliorer en les encourageant. La note permet donc de donner un sens à la présence de l’élève à l’école à un âge où il est difficile de se rendre compte de l’importance de l’apprentissage des bases, la note permet de donner un cadre, un sens pour l’élève qui n’a souvent que peu de motivations, elle permet donc de faire apprendre des choses peu intéressantes et rébarbatives mais essentielles a la vie future sous un système de mérite.

Sans notes, par quoi les élèves seront-ils stimulés ? Un devoir sera toujours fait plus attentivement et sérieusement s’il débouche sur une note qu’un travail ne débouchant sur rien.

Ainsi, en 2009, la notation chiffrée a été supprimée, dans une classe de 6e, au collège Maxence-Van-der-Meersch, à Roubaix dans le Nord, selon les enseignants, « seuls trois élèves ont appris leurs conjugaisons, les autres ne s’en sont pas donné la peine, et il semble que l’absence de note soit une cause aggravante. »

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L’absence de notes peut aussi provoquer une sensation de frustration pour certains bon élèves qui n’ont pas la sensation d’être récompensé de leur travail, comme s‘ils ne valaient rien, comme s’ils travaillaient dures pour rien, provoquant aussi une démotivation, les empêchant de faire mieux.

Comme indiqué précédemment, la note pourrait représenter un salaire pour les bons élèves, travailler sans rien obtenir en retour ça n’a pas de sens. Comment faire comprendre à un élève qu’il s’est amélioré dans une matière s’il n’a jamais eu de « point de repère » ? Et dans le sens contraire, comment démontrer à un étudiant qu’il n’a pas compris le but de son devoir si on lui cache le résultat ? Jean-Paul Brighelli, professeur de lettres modernes au lycée Thiers de Marseille interviewé par le journal Libération, explique « Cesser de noter les élèves parce qu’ils ont des difficultés, c’est se moquer d’eux. Si on ne leur dit pas la vérité, on ne les emmène nulle part. Respecter les élèves, ce n’est pas leur éviter des microtraumatismes, mais leur dire la vérité et leur tenir la main pour les aider à passer le gué. » Il maintient qu’arrêter d‘évaluer les élèves par chiffres : c’est hypocrite, c’est leur cacher leurs difficultés et même leur progrès, et cela pourrait même les empêcher d’avancer.

Habituer les enfants dés le plus jeune âge a la note, c’est aussi les préparer aux études supérieures où la note est mise en avant comme l’un des seuls outils d’évaluation et représentation du niveau d’un élève mais aussi aux valeurs qui régissent actuellement le monde du travail basés la plupart du temps sur des chiffres, supprimer les notes voudraient dire éliminer les concours sur dossier qui se verrait impossible à la seule aide d’appréciations, celles-ci encore plus relatives et subjectives que les notes. Jean-Paul Brighelli ajoute : « Repousser le problème jusqu’au moment où il ne sera plus soluble: l’examen final » En effet, le professeur insiste sur une des contrariétés de ces possibles réformes de notation. « L’examen final », que ce soit le brevet ou le bac, ceux-ci ne sont pas concerné par la suppression des notes. Ne pas noter les élèves, c’est alors leur cacher la finalité de leurs études.

Aujourd’hui, il ne suffit pas de supprimer la note comme on l’entend, mais de lui rendre une valeur réelle qui permettrait aux élèves des progrès et un projet d’avenir concret. Mais cela voudrait dire repenser le système éducatif français presque en entier. Il faut aussi faire comprendre à l’élève que la note n’est pas une sanction, mais plutôt une bases de progression, le vrai problème ce n’est pas son utilisation, mais vraisemblablement son interprétation. La note est malheureusement vue, trop souvent, comme un outil de sélection, de hiérarchie, comme un objet de dispute, comme une raison d’humiliation et plus comme le simple reflet d’un travail.

Cette théorie est soutenue par Luc Chatel, ancien ministre de l’éducation, il maintient : « Il ne faut pas voir la note comme l’échec, comme le rejet, comme la sanction, c’est aussi et surtout l’évaluation d’un travail, ça peut être pour l’élève un objectif et ça peut être un projet de progression » Il écarte donc l’idée proposer par l’AFEV, l’Association pour la Fondation Étudiante de la Ville, qui lutte contre les inégalités et prend en charge des élèves en difficultés, de supprimer les notes au primaire et défend réciproquement la loi Fillon de 2005 où l’enseignant avait à sa disposition une double évaluation selon les compétences et les connaissances (il est par exemple demandé aux enseignants de remplir pour chaque élève un livret de compétences, dans lequel ils doivent évaluer des compétences et des aptitudes).

201406252070-fullLa dépèche

La notation scolaire, au départ cherche bien évidemment à faire comprendre aux élèves leurs progrès et/ou leurs défauts au niveau scolaire, noter sans note : c’est impossible. Et comme le dit l’ancien ministre de l’éducation Luc Ferry : c’est dissimuler le vrai problème. En effet, d’autres systèmes de notation jugés plus juste et moins dure ont été ou ont tenté d’être instauré comme par exemple les gommettes de couleurs par Mme Vallaud-Belkasem ou encore les lettres. Mais une note reste une note et cela reste remplacer quelque chose par une autre chose similaire, la déception sera la même qu’une mauvaise note s’appelle 6, rouge, F ou non acquis. La seule différence est que ces nouveaux systèmes de notation ne permettent pas d’effectuer de moyenne donc la note de la globalité en devient impossible.

Selon, Jean-Paul Bighelli, cette peur et ces angoisses concernant les notes viendraient de l’attitude de certains professeurs à l’égard des élèves. Au fond, ce ne serait peut-être pas la note en elle-même qui pose le problème, mais ses conséquences. Par exemple, un professeur qui classe ses notes de la pire à la meilleure où qui les annoncent à voix haute serait traumatisant pour certains élèves. Un trois sur vingt annoncé devant toute la classe passerait beaucoup moins bien qu’une même note rendu en silence et ciblant clairement les difficultés de l’élève.

Ainsi, le problème n’est plus la note mais ce qui l’entoure et une réforme du système de notation n’aurait aucun impact sur ces éléments. Dans l’idéal, il faudrait modifier les mentalités aussi bien du côté de l’élève que du cadre enseignant concertant ce qu’est l’école, ses objectifs, la place de la note dans l’apprentissage et le conditionnement de l’élève dans un milieu qui ne devrait pas lui être hostile, bien au contraire. C’est pour cela que nous allons évoquer dans notre seconde partie les différentes alternatives à l’échelle de la France et du monde en abordant d’autres méthodes d’enseignement et d’autres systèmes éducatifs qui semblent mieux fonctionner que le notre.

La culture de la note, une spirale de l’échec ?

Au travers de cette partie, nous allons aborder la thèse selon laquelle la note engendrerait une obsession du classement et ainsi une spirale menant l’élève à l’échec. En effet le système de notes et la notation en générale présente dans son ensemble deux problèmes majeur, à savoir :

  • Ses caractères subjectifs nuisant à l’interprétation et sa capacité à évaluer des compétences

  • Ses répercussions négatives sur l’élève aussi bien moralement, psychologiquement que physiquement

Selon sa définition Larousse, une note est une appréciation écrite faite par un supérieur sur la valeur de quelqu’un, de sa conduite, de son travail, etc. Notation, en particulier lettre ou chiffre correspondant à un barème établi pour apprécier un travail scolaire. Pouvons-nous réellement affirmer qu’encore aujourd’hui les notes représentent la valeur d’un travail ? Et quelle est la valeur de la note par rapport aux élèves ?

Ainsi la note se positionne en tant qu’échelle universelle de la réussite et ne laisse nullement place aux doutes concernant les compétences et les capacités d’un individu. Intéressons-nous aussi au fait que la définition indique qu’une note puisse avoir les compétences de juger quelqu’un, ce qu’il est, sa « valeur », est il possible d’évaluer une personne en fonction de ses résultats ?

Si la note à l’objectif initiale et principal d’incarner une certaine référence objective des capacités et du travail de quelqu’un, beaucoup de facteurs doivent être pris en compte pour cerner une note et ce qu’elle vaut vraiment.

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Tout d’abord, personne n’a la même manière d’analyser quelque chose et réciproquement de le comprendre, personne n’a les mêmes aptitudes et cette course à la meilleure note ne rime à rien. Faire reposer l’apprentissage sur le mérite sous-entend que tout le monde arrive avec les mêmes chances et que la seule manière de sortir du lot, c’est de travailler. Or beaucoup de facteurs peuvent faire pencher la balance vers un élève plutôt que vers un autre :

  • Capacités et handicaps (ou même simplement un élève en difficulté)

  • Image de l’élève par son professeur (selon l’affinité et le comportement en classe)

  • Classe sociale et intérêt des parents pour la scolarité de leur enfant

  • Accès à des cours particuliers (en effet selon libération on compte deux fois plus d’enfants d’artisans, de commerçants, de cadres ou ceux dont les parents exercent une profession libérale que d’enfants d’agriculteurs. Plus de 13% contre 5%)

  • Investissement des parents qui s’intéressent et poussent globalement leurs enfants vers la réussite.

Alors comment peut-on noter de la même façon tant d’élèves si différents ? On peut ainsi noter qu’elles dépendent trop souvent du correcteur, une copie lue par différents professeurs peut présenter une note très différente. Les notes ne seraient donc pas assez objectives.

Aujourd’hui, cette distance entre les classes sociales, supposément évincées par les lois Ferry en 1881 qui ont accordé le droit d’accès à une éducation gratuite pour tous, s’est au contraire déplacé vers une autre sorte d’écart, en effet bien que toutes les écoles suivent un même programme, l’environnement, les fréquentations, le soutien financier et moral de la famille peuvent largement jouer sur les résultats.

Un autre problème se pose. La note s’est tellement encrée dans les mœurs qu’elle est devenue plus importante que l’apprentissage en lui-même. En effet, les élèves vont plus ou moins s’investir en fonction de si le devoir est noté ou pas ou de son coefficient dans la moyenne. Ainsi, elle n’est perçue que comme une sanction ou une récompense selon le résultat attendu et ne favorise plus la progression de l’élève.

Ainsi, les leçons apprises « par cœur » ont pris la place des leçons comprises. Désormais, il suffit de mémoriser mot pour mot un texte pour obtenir une note excellente, même si la plupart du temps, l’information non comprise sera vite oubliée ainsi l’élève aura une bonne note, elle sera confondu avec la compréhension et il pensera avoir compris quelque chose qu’il n’aura qu’appris. L’école ne sert plus de « tremplin » logique vers la connaissance mais incarne une sélection par l’échec. En France, plus en avance dans le cursus scolaire, plus les élèves sont évalués par l’échec. On comptabilise plutôt les fautes que les progrès. Ceux qui obtiennent de bons résultats ne le verront que peu, mais ceux qui ont de difficultés se sentiront constamment stressés, démotivés et finiront par décrocher, leurs efforts ne seront jamais vraiment mis en lumière. Ils préfèrent d’ailleurs éviter de répondre à une question plutôt que de se tromper. La confiance en soi est considérablement réduite. Mais alors pourquoi la France persiste-t-elle dans cette culture de la négativité ?

En effet d’après le psychologue cognitiviste Bernard Weiner, la motivation dépend également de l’estime de soi et avoir de mauvaises notes impacterait considérablement sur celle-ci ce qui empêcherait toute éventualité de progression

  • Si l’élève attribue le succès à son intelligence et à ses efforts : il ressentira un sentiment intense de fierté et sera amené à se motiver à réaliser des tâches similaires voir plus difficiles.

  • Si l’élève attribue le succès à la facilité de la tâche : il n’a aucun moyen d’évaluer ses capacités. Il peut donc plus facilement craindre l’échec et ne pas trouver la motivation.

  • Si l’élève attribue l’échec à un manque d’intelligence : un sentiment négatif comme la honte peut l’empêcher de recommencer cette tâche.

  • Si l’élève attribue l’échec à un manque de travail : il a l’espoir de pouvoir faire mieux et pourra recommencer avec une meilleure motivation.

C’est pour cela que la mauvaise note, lorsqu’elle est acquise par soucis de compréhension ou de doute de soi-même ne permettra pas de progression, bien au contraire, l’élève ne sera pas mis en confiance et ne s’en sentira définitivement plus capable.

Lorsque la mauvaise note est perçue comme une sanction, les élèves ont recours à la triche et à ce qu’on appelle la marchandisation. Ainsi, le système éducatif perd tout son intérêt d’évolution et d’apprentissage, c’est la bonne note ou rien !

Alors les élèves préfèrent risquer une sanction, souvent d’ailleurs au niveau d’une note (un zéro dans la moyenne représenterait cette sanction, ce qui prouverait encore que la note ne veut rien dire face à l’apprentissage de l’élève et qu’elle ne représente qu’une sanction).

Selon une étude sur les facteurs de fraude aux examens menée auprès d’environ 1815 étudiants inscrits dans une université pluridisciplinaire française par les chercheurs Pascal Guibert et Christophe Michaut en 2010, quelque 70,5% des étudiants français avouent avoir triché lors de leur scolarité. C’était la première fois que l’ampleur de la tricherie avait été évaluée scientifiquement et celle-ci est apparu comme massive. C’est au collège et au lycée que les taux de fraudes sont les plus importants. Les collégiens et lycéens en désir de réussite préfèrent risquer une punition plutôt que d’avoir une mauvaise note, une note qui risquerait d’impacter leurs dossiers scolaires et donc l’entrée dans de bons établissements et ainsi indirectement leur avenir. Il ne s’agit plus de comprendre et d’apprendre mais de réussir et d’avoir de bons résultats.

Au niveau de l’université, une étudiante BAC +6 en médecine explique « J’ai triché parce que les connaissances à avoir étaient trop denses, indigestes». Ici, c’est la quantité de travail qui est remise en cause, les élèves n’ont plus le temps de tout comprendre et se doivent de travailler dans l’urgence et pour cela, la triche parait être une des manières les plus simple d’obtenir de bons résultats.

Un nouveau fléau fait son entrée dans les salles de classe, les élèves se mettent à payer leurs professeurs ou d’autres élèves pour obtenir de bons résultats. C’est la marchandisation de l’éducation, aucun bénéfice culturel n’en est tiré, seulement une bonne note. Mais si aujourd’hui l’apprentissage n’a plus d’importance aux yeux des élèves l’école en elle-même n’est plus perçu de la même manière. Elle incarne un lieu ou les élèves sont rivaux, stressés, obnubilés par leurs résultats et non un lieu où ils auront la chance d’accéder à l’acquisition de nouveaux acquis. Mais si même l’école n’incarne plus un lieu d’apprentissage alors où les élèves sont susceptibles d’apprendre sans contraintes ?

Pierre Merle, sociologue spécialisée dans l’évaluation des élèves, exploite ce concept de lieux angoissant est stressant que cultive l’école et notamment par la relation qu’entretiennent les élèves entre eux. Il explique que les notes encouragent une hiérarchie entre les élèves, séparant les « bons » et les « mauvais ». L’élève abonné aux mauvaises notes trouvera ses capacités à apprendre largement réduites en étant confronté à de bons élèves qui inconsciemment le rabaisseront. En étant catalogué comme mauvais élèves par les autres et ses professeurs, il va lui-même trouver ses capacités à réussir réduite. Il ne s’agit plus d’être capable, mais de s’en sentir capable. Un exemple simple, un élève catalogué mauvais en mathématiques sera dans l’incapacité de réaliser une figure géométrique dans le cadre de la matière, mais l’exécutera sans problème inconsciemment en cour de dessin.

Beaucoup de parents cultivent cette atmosphère stressante, obsédés par les bonnes notes de leurs enfants. Nous avons réalisés un sondage en novembre dernier dans notre établissement scolaire privé, au niveau du lycée dans quatre classes, une de seconde générale, deux de première, une économique et sociale et une scientifique et enfin, une terminale littéraire regroupant au total 143 élèves. Nos résultats nous permettent d’affirmer que 42% des élèves interrogés s’avouent sous pression et 46% occasionnellement. Les principaux facteurs semblent être à 79% les notes, 63% les examens et 55% la question de leur avenir. Le sondage nous a aussi permis de voir que sur les élèves interrogés seulement 22% se disent motivés à aller en cour par volonté d’apprendre de nouvelles choses.

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Certains professeurs et certains parents ont une théorie sur la mauvaise note selon laquelle si elle est mauvaise elle est due à un manque de travail. Selon notre même sondage, les parents représentent pour 24% des élèves un facteur de pression et les enseignants 29%.

Ils sous-entendent ainsi que l’élève montrerait un désintéressement totale en ce qui concerne l’apprentissage en lui-même et ne fournit ainsi aucun effort.

Pourtant la « Neurocuriosité », l’étude du circuit par lequel nous faisons attention à la nouveauté, prouve que lorsque le cerveau humain intègre de nouvelles informations, un signal appelé flash de dopamine assure leurs communications, le même flash qui est présent lors de la consommation de drogue ou lorsque la personne éprouve simplement du plaisir, ainsi la curiosité et l’apprentissage de nouvelles choses représente une drogue pour le cerveau humain. Le désir d’apprendre constituerait ainsi un besoin presque vital ! Pourquoi les élèves ne s’intéresseraient ils alors pas à ce qu’on leur apprend ?

Simplement parce que l’apprentissage est passé au second plan, après la note dans l’ordre d’importance. L’élève ne perçoit plus l’école comme un lieu d’apprentissage. On peut ainsi deviner ce que peut représenter une bonne note pour un élève, un plaisir aussi proche de celui que procure la prise de drogue. Alors il est logique de considérer que la mauvaise note effectuera elle l’effet inverse et démoralisera l’élève.

La culture de la note basée sur la sélection par l’échec entraînerait même des symptômes psychologiques et physiques.

En effet, la comptabilisation de maladies et troubles liées à l’école n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui, phobies scolaires, angoisses généralisées, complexes d’infériorité liés au classement, dépression menant parfois au suicide…

Selon une étude menée par Boris Cyrulnik en 2011, 16% des enfants de moins de 13 ans ont déjà songé à la mort pour mettre fin à leur stress lié parfois à l’école.

phobie-scolaire1_roman-bodnarchuk-stock-adobe_-com_-800©Roman Bodnarchuk – stock.adobe.com

Cette pression scolaire entraîne des dépressions, des angoisses, et des insomnies. Un adolescent devrait, pour ne pas être fatigué, dormir en moyenne de huit à dix heures par nuit, le stress lié à l’école provoque les insomnies, la fatigue entraîne des problèmes de concentration qui à nouveau entraîne de mauvais résultats qui nécessitent plus de temps de travail et mis en parallèle avec une angoisse permanente provoque à nouveau des insomnies qui deviennent une part constante du quotidien de l’élève, c’est un cercle vicieux.

Ainsi, les élèves retrouveront chez eux cette atmosphère stressante que cultive l’école. Si la mauvaise note peut représenter une douleur pour l’élève, selon la fondation du sommeil, un état de grande fatigue va abaisser le seuil de tolérance à la douleur provoquant une susceptibilité chez l’élève et le rendant moins réceptif à encaisser une mauvaise note et à en tirer parti.

Dans le cas où l’élève est dépassé par ses résultats et les prend trop personnellement, il peut se plonger dans un état dépressif sévère. En effet selon le site explicatif de la maladie de dépression, www.dépression.fr ,  la dépression est un problème sérieux qui a un impact sur tous les aspects de la vie d’un adolescent. « Si elle n’est pas traitée, la dépression chez un jeune peut conduire à des problèmes à l’école et à la maison ». Les mauvaises notes, si l’élève les prend trop à cœur, entraînerait ainsi un désintéressement total de l’apprentissage en lui-même.

Certains ont même développé des phobies scolaires, une situation à travers laquelle un jeune est dans l’incapacité d’aller à l’école pour des raisons irrationnelles. C’est un symptôme correspondant à des causes extrêmement diverses. Cependant, il ne s’agit pas d’un manque d’intérêt pour l’école ni d’un refus d’apprendre. Les symptômes et conséquences diffèrent selon les cas, mais cette phobie provoque généralement des tremblements, des sueurs froides, des crises de tétanies et de paniques.

Ainsi en plus de ne pas semblait juste et objective la note incarnerait pour les élèves un but malsain qui évincerait progressivement la notion d’apprentissage et d’entraide favorisant la compétition et l’angoisse générale. Les mauvais élèves, démoralisés, se retrouvent dans un cercle vicieux qui les empêche non seulement de progresser, mais aussi de croire en eux.

Cependant, est-il possible où même envisageable de supprimer la note ? N’est-elle pas finalement irremplaçable malgré ces défauts ? Existe-t-il réellement des raisons valables de la disparition des notes ?

Introduction

Aujourd’hui, le système éducatif français pose de nombreux débats à travers la société. La France, remet en cause son système d’éducation et chaque année, de nombreuses idées de réformes sont émises. L’école française est obligatoire de 6 à 16 ans depuis 1959 par la réforme Berthoin, auparavant, l’instruction obligatoire était maintenue jusqu’à 14 ans en 1936, et 13 ans en 1882, par la loi Ferry. L’école est gratuite et laïque, depuis la loi Ferry de 1882, dans les établissements publics, mais il existe aussi des établissement privés, payants et religieux (majoritairement catholique). Le système scolaire français est découpé en plusieurs niveaux. Tout d’abord la primaire, regroupant l’école maternelle, depuis 1881, accueillant les enfants de 2 à 6 ans, puis l’école élémentaire trois cycles, s’étalant sur 5 ans. Ensuite, le secondaire donc, pour commencer le collège, durant quatre ans avec un examen national à la fin de l’année de troisième, le Brevet des collèges. À environs, 15 ans, les élèves, par rapport à leurs résultats et attentes se dirigent vers des filières professionnelles, technologiques ou générales. Puis le lycée, pour trois ans avec un examen final, le baccalauréat. En ce qui concerne la préparation au Baccalauréat général, celui qui mobilise une majorité d’étudiant (80% en 2016 selon l’éducation nationale), il est divisé en trois filières, la Scientifique, la plus prisée aujourd’hui concentrant 36% des étudiants en classes générales, la Littéraire qui, victime d’une sorte de mauvaise réputation, ne mobilise qu’un élève sur dix, et l’économique souvent perçue comme une alternative et qui reste la filière la plus générale des trois, mobilisant un élève sur cinq. Cette organisation date de la réforme de 1995, remplaçant la mise en place des baccalauréat A, B, C, D, E et T en 1968. Les élèves peuvent recevoir leur baccalauréat avec des mentions, Très bien, Bien et Assez Bien. Ces mentions ont été mises en place par la réforme Napoléonienne en 1840.

L’école incarne pour les français une institution dont le but va bien au-delà de l’apprentissage, représentant à elle seule des valeurs chères à notre société, en effet les français sont fiers de clamer que leur école semble être une des plus égalitaire au monde avec un système à objectif méritocratique, un idéal selon lequel n’importe quel enfant de n’importe quel milieu peut intégrer en théorie les plus hautes sphères de la société française en excellant à l’école.Pourtant, la France est désormais considérée comme « mauvaise élève » par rapport au reste du monde et certains parents semblent aujourd’hui s’écarter de ce système en faveur de systèmes alternatif (développement croissant de 199 écoles alternatives à ce jour).Pourquoi? De nombreux débats voient le jour et suscitent diverses opinions, un des nombreux sujets est l’évaluation des élèves. Aujourd’hui, et cela, depuis la signature de l’arrêté du 5 juillet 1890 par Léon Bourgeois, l’excellence est régulée par un système homogène de notation. La notation de 0 à 20 telle qu’elle est utilisée aujourd’hui est instaurée en 1890, mais est remplacée en mai 1968 par une évaluation plus générale notamment par l’usage de lettres (de A à E) pour ensuite revenir à une notation chiffrée de 0 à 20 en 1971. Ce système d’évaluation est ancré dans nos origines et valeurs françaises. Mais est-il encore juste ? Quelle est sa valeur aujourd’hui ? La note ne semble-t-elle une simple récompense pour les enfants, considérés comme de bons élèves ? Et ceux en difficulté face à ce système de notation, sont-ils pour autant de «mauvais» élèves ?

Ainsi, quels sont les différents impacts du mode d’évaluation du système éducatif français sur les élèves et les résultats en France ? C’est la question à laquelle nous allons tenter de répondre à travers notre TPE. Tout d’abord nous nous questionnerons sur la nature de la note, une sanction ou une base de progression ? Pour ensuite évoquer les alternatives au problème posé par le système de notation.